Le pèlerinage de St Jacques de Compostelle, c’est plus de 1000 ans d’histoire et des milliers de km à travers l’Europe. C’est plusieurs routes qui, partis de France, d’Angleterre, d’Allemagne ou de Pologne qui se rejoignent dans le village espagnol de Puente de la Reina pour continuer sur un chemin (presque) unique de 750 km. C’est une route semée de refuges pour pèlerins, de monuments historiques, de vieux villages et d’anciennes voies romaines.

La cathédrale de Burgos, la ville dont j'ai décidé de partir
Pendant longtemps, le pèlerinage a été une des plus grandes occasions de voyage en Europe, jusqu’au XVII environ et l’invention du « tourisme ». Cet été, je prend à mon tour mon sac pour parcourir ce chemin. C’est très fort et important pour moi.
Bien qu’étant intéressée par les questions religieuses, je suis athée et je ne pars pas dans un but de spiritualité chrétienne. Cependant, j’ai décidé de partir seule, comme beaucoup, pour pouvoir aussi réfléchir, écrire le récit de se voyage et m’ouvrir davantage aux autres. Le but de mon « pèlerinage » est donc culturel, voire touristique. C’est à la fois mon amour des vieilles pierres et mon envie de découvrir l’Espagne autrement qu’en bronzant sur la Costa del Sol qui me poussent à partir.
La cathédrale "finale", celle de l'apôtre St Jacques...

C’est aussi toujours mon envie, si ce n’est mon besoin, de partir qui m’entraîne. De partir différemment, et longtemps. Ainsi, je conçois ce voyage comme une sorte de « test », voir assez près de chez moi si j’aime vraiment ce que je pense adorer, ces longs voyages en solitaire en toute liberté. Une manière de voir si, après les deux mois d’entraînement que je vais pouvoir m’organiser en juillet et août je suis assez en forme pour marcher 500 km en un peu plus de trois semaines.

Le temps nous est toujours compté et j'ai choisi d'effectuer les 500 derniers kms.
Tout ces arguments paraissent finalement assez rationnels. Mais mon envie de partir ainsi c’est plutôt un coup de folie. Elle me tient depuis un an environ, quelques semaines avant ou après mon voyage en Irlande qui m’a fait me dire « tout est possible, il suffit de le vouloir ». Un an, c’est à la fois suffisant pour être sure que ce n’est pas un coup de tête, pour avoir pris de nombreux infos, et beaucoup appris sur le chemin. Surtout pour avoir mûri mon envie, pour savoir qu’il faut que je parte seule, pour que l’Espagne me paraisse déjà proche, qu’elle occupe beaucoup de mes pensées et de mes empressements.
Une coup de folie donc parce que c’est avant tout pour moi une pure expression de la liberté que je recherche dans le voyage. Pas de réservation, pas de voiture, 6 ou 7 kg sur le dos, pas d’obligations, moi seule avec les autres, dans un pays ou on ne parle pas ma langue. Mais tout ça ne serait rien sans les monuments, les églises, les monastères, les porches monumentaux, les villages médiévaux, les ponts romains et les herbes folles.

Un pont dans la ville qui unifie les chemins, Puente de la Raina.
Si vous aussi vous partez ou êtes partis sur le chemin, n’hésiter pas à me laisser un petit mot :o)
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