Dernier détail : pour sortir de Bordeaux et aller vers Rennes, il ne faut pas chercher « Saintes » ou « Nantes », il faut prendre « Paris ». Si on le sait pas, on peut se retrouver sur la route de Bergerac et de la Dordogne et devoir faire demi-tour à contre cœur parce qu’on avait envie d’aller voir Sarlat… :o)
Que le vent nous porte !
Au loin, la route du retour...
Dimanche 22 janvier 2006 Soirée
Et puis quand je marche dans les rues, tout à coup, une odeur s’échappe d’une bouche d’aération, d’une fenêtre très basse, d’un soupirail. C’est l’odeur du sol. C’est l’odeur de la ville de Paris. Et cette idée me fait rêver à tout ce que la capitale est intrinsèquement, à sa vraie nature. Pourquoi toutes ces personnes sont attirées vers elle. Cette odeur âcre a une sorte de magie. A Rennes aussi en un bref instant on peut la sentir. Et la belle mémoire des odeurs me transporte dans la capitale. J’ai ressenti la même chose vendredi midi pendant le concert de musique médiévale au musée du Moyen Age.
A côté de moi, si proche qu’on se touchait presque il y avait une dame assez âgée, anglaise, bien apprêtée mais laide. Il y avait aussi beaucoup d’autres personnes autour de nous mais instinctivement je sentais que l’odeur venait d’elle. L’odeur n’était d’ailleurs pas bien définissable. Il y avait comme un arrière fond de mauvais alcool mais pourtant elle était agréable et ne correspondait pas à l’image de ma voisine. L’odeur était aussi poivrée, un peu piquante mais les effluves me semblaient aussi très doux, fluides, enveloppantes. Ce n’était pas l’alcool collant à la peau de vieux alcooliques mais comme l’alcool juste échappé de son flacon pour réveiller les jeunes filles évanouies, un alcool qui remplit la pièce. Très doux. Une odeur un peu magique qui me renvoie des années en arrière sans que je sache à quoi elle me faisait penser précisément. Je respirai à plein poumons pour en être pleine et cela me rendait joyeuse, cela me rappelait sans aucun doute un moment de calme, de sérénité, de plaisir doux.
Comme les sous-sols parisiens représentent les valeurs et les erreurs de la France, le parfum de la vieille anglaise sentait tout simplement le bonheur. Total, sans questionnement inutile, plus fort que toutes les angoisses. Je ne sais pas si je me souvenais un jour de ma première rencontre avec cette odeur seulement je sais que si un jour je la retrouvais, ça me ferai plaisir.
25/02/06.
Plus tard, dans la cuisine, où 2 hommes jeunes et passablement virils font la cuisine. Il chauffe ( le grand blanc avec 2 chaussures sales) de l’huile pour ensuite choisir l’une d’entre nous afin que nous l’en enduisions.
Cécile est toute folle. On la comprend.
Audrey lui dit « bon appétit » genre elle ne s’intéresse qu’à son âme ( et à son appétit).
25/02/06 Après le repas.
Pendant le repas du soir, nous prîmes contact avec les 2 mâles. Discussion autour de la courgette. Hum, délicieux !
Puis demande au jeune homme si ils veulent venir au pub avec nous.
26/02/06. Petit déjeuner.
Nous vîmes au petit déjeuner Arild. Au petit déjeuner ( bis), il nous salua en nous souhaitant bonne chance pour la grève. Amen.
26/02/06. Soir
Repas avec 2 bouteilles de rosé : le belge nous prend pour des alcooliques ! Suivi d’une séance de soin esthétique aux pâtes pour Audrey.
Jo le fou à la française a tenté une première phase d’approche mais nous partir faire gros dodo !
Aujourd'hui, je m'envole pour la Guadeloupe. Je n'aurais pas accès à mon ordinateur pendant deux semaines alors j'ai publié à l'avance quelques notes pour ne pas laisser mon blog à l'abandon.
Et dès que je reviens, je vous raconte!
Dimanche 22 février 2006
Mais j’étais surtout très fatiguée. Direction le métro dans cet arrondissement de Paris qui ressemble tant aux cartes postales.
Je ne sais plus si c’est en rentrant que j’ai commencé à réfléchir un peu sur le métro et à me dire que je l’aimais bien finalement. Sans doute plutôt le lendemain, après une bonne nuit de sommeil très bénéfique.
Mais comme dit Géraldine « le métro, ça pue ». En effet, on ne peut le nier , tous ces couloirs, escaliers, et recoins ont une odeur bien particulière, la même sur tout le réseau. Je ne sais pas vraiment de quoi elle est constituée : les odeurs humaines, le temps qui défile, le carburant ( mais lequel ?), sans doute aussi comme je l’ai pensé ensuite le chauffage artificiel, la fausse chaleur jamais régénérée.
Mais je l’aime bien moi cette odeur désagréable pour beaucoup. Debout sur le quai sans barrière de sécurité, je me sens à la fois chez moi et en voyage. Ce que je suis un peu.
Les gens dans le métro m’aiment bien on dirait. Beaucoup tirent une tête épouvantable de tristesse, de fatigue ou d’ennui mais certains savent briser cette glace des transports en communs comme si peu le font à Rennes.
Un énorme black baraqué s’assoit en face de moi sur un tout petit strapontin et après quelques regards fuyants dans sa direction, il me fait un grand sourire et un signe du pouce qui disait en gros : « t’es mignonne toi ». Et puis deux stations après il se lève et sort de la rame, sans m’embêter.
Samedi, j’amuse la galerie en perdant complètement l’équilibre et un gars qui me jetait des regards peut enfin me regarder droit dans les yeux en rigolant gentiment.
Vendredi soir, je me sens bien toute serrée contre C, et nous traversons tout Paris à nous parler dans l’oreille.
Dimanche matin en allant vers la gare, je me suis fait spontanément offrir un ticket par 3 mecs. Après, face à face sur les deux quais de la même ligne mais en sens contraire, on a discuté deux minutes et l’un d’eux me fait des grands signes d’embrassade en souriant.
J’ai la cote dans le métro. Et ça me fait bien plaisir. Dans cette grande ville un peu froide, un sourire ou un mot aimable réchauffe le cœur.
Le métro pour moi, comme pour tous les parisiens, c’est long. Alors j’ai eu le temps de regarder les stations qui défilent, d’apprendre peu à peu leur ordre, les correspondances, les gens qui y montent. Et des habitudes parisiennes acquises en quelques jours il me reste l’impression d’avoir été parisienne, d’avoir été de la ville, de la vie pendant un instant mais aussi de l’être encore revenue à Rennes.
Moi dans le métro je prend des photos! ( ce qui semble étrange aux parisiens)
Samedi 25 février 2006 Soirée. Carcassonne.
Journée physiquement harassante.
Ce matin, un lapin a tué un chasseur et nous avons visité la ville basse.
Descriptif :
- le présidial. Vive Eugène Poubelle, sans qui les détritus peupleraient encore les rues.
- L’hôtel de ville
- Les Halles du XIXe
- Chapelle et collège des Jésuites
- Bastion de Montmorency
- Cathédrale Saint Michel : Splendide.
- Chapelle ND de la santé.
N’oublions pas la o combien magnifique place « square de l’armistice 1918 et de la capitulation nazie 1945 ».
A 12h, visite en compagnie de Roy l’Italien dans l’enceinte intérieure du château comtal.
Repas frugal, mais goûtu, vers 13h30 en face de la boutique du mâle « avé l’axent ».
Direction le musée lapidaire, puis à 14h30, visite en tant que VIP de la ville de Carcassonne la vieille. Le guide, très content de faire visiter la ville à des étudiantes en Histoire, nous a presque fait une bibliographie sur la catharisme et l’inquisition. MERKII.
De plus, ce grand homme parlant le français, l’espagnol, l’occitan et l’allemand nous a appris que M. est un nom protestant : nous voici confirmées dans nos fortes présomptions de huguenotisme.
Journée achevée dans la fraîcheur, mais sous le soleil à siroter un jus de fruit à la terrasse d’une taverne, pas cathare, pas hérétique ( ça n’existe pas).
Bière Faro et beamish dans un pub irlandais carcassonnais après le repas où doivent nous retrouver Adam et Arild.
Fatigue naissante, nous rentrons. Arrivée à l’AJ, o joie, ils s’apprêtaient à nous rejoindre.
Discussion trois heure et demie sur le monde qui nous entoure avec ces deux charmants jeunes hommes tchèque et norvégien.
Puis il fallut se séparer. Adam prenait le train le lendemain à 7h et ne comptait pas se coucher car il n’avait pas de réveil.
Nous, on est tombé dans nos lits avec bonheur.
La cathédrale de Carcassonne, révisitée au XIXe...
Ca faisait une semaine à peu près que j’avais pris l’habitude de rester sur la terrasse après que le reste de ma famille soit partie se coucher pour rédiger mon carnet de voyage. Le soir dans la pénombre, je vivais mon moment de tranquillité et de calme de la journée, rien ne se mouvait, souvent il n’y avait pas même de brise légère, et l’air était toujours chaud.
Pendant une soirée sans mouvement, sans bruit, tout à coup, je la vis passer rapidement derrière moi, douce et furtive comme une ombre et la surprise me fit sursauter puis sourire.
Le lendemain, je l’avais déjà oubliée mais elle non. Elle est revenue près de moi le lendemain et puis deux jours après, tandis que je dormais encore, j’entendis ma famille s’adresser à elle. Le temps que je me lève, elle avait déjà disparu.
Mais le soir, elle est revenue et nous nous sommes enfin rapprochées, elle me regardait de ses yeux clairs, moi je lui parlais sans attendre vraiment de réponse que son petit nez qui frémissait. Puis je me suis mise à la caresser doucement, à lui dire des mots dans l’oreille, à l’aimer bien.
Pendant une semaine, elle est revenue tous les jours. Le matin je la trouvais à mon réveil, puis elle partait dans la journée mais le soir quand je revenais elle était là à m’attendre et nous passions nos soirées ensemble.
Personne ne la connaissait dans le coin, c’était une belle inconnue toute en finesse et en douceur, une belle antillaise métissée de noir et de blanc. Elle me faisait rire, elle savait me surprendre aussi, toujours entre cabrioles et marque de douce affection.
Notre semaine ensemble n’a pas toujours été de tout repos, elle savait me rendre jalouse en minaudant aussi avec ma sœur, me voulait aussi pour elle toute seule même si je devais quitter toute occupation pour m’occuper d’elle.
Mais aujourd’hui je pense que je lui manque et elle me manque aussi, j’aimerai pouvoir la caresser de nouveau et penser de chaudes soirées antillaises avec elle.
G****, c’est bien le premier chat que j’aime comme ça :o)
Dimanche 30 avril 2006 9h20
On part vers 9 heures, direction Vieux-Bourg dont les édifices religieux passés et présents sont de bons indicateurs du climat et de la géologie ici. En effet, l’église actuelle est postérieure au cyclone de 1928 mais elle a succédé à trois autres édifices, le premier soufflé par l’ouragan de 1738 ou 1740, le deuxième ruinée par le tremblement de terre de 1843, le troisième rendu inutilisable par le cyclone de 1899. On comprend qu’ici beaucoup de petites habitations donne l’impression qu’elles vont bientôt s’écrouler. Pour certains, il est inutile de construire trop solide car cela ne le sera jamais assez face à un cyclone comme Hugo.
De Vieux-Bourg, on voulait embarquer pour visiter la mangrove mais les bateaux sont partis pour la matinée complète. Comme ils sont tous réunis autour du minuscule et précaire port du bourg, on nous indique une autre personne qui possède une barque mais elle n’est pas couverte ( la barque, pas la personne) et le soleil aplatit tout sous ses rayons, on aimerait éviter de prendre le coup de soleil du siècle et le patron n’a pas l’air très aimable.
Finalement on appelle un certain Serge qui nous propose de partir vers 16h30, car c’est la meilleure heure pour une ballade.
On doit encore redéfinir notre plan d’attaque de la journée. Alors direction Port Louis avec une escale express à Morne-à-l’eau. J’aime bien cette ville et son nom d’ailleurs qui succède à celui de Bordeaux-Bourg donné par les colons et à celui de Grippon d’origine inconnue donnée à partir de 1827. La ville est animée, les voitures s’entrecroisent, les rires fusent, les conversations s’animent, on nous fait des sourires aimables et beaucoup de personnes montent ou descendent la grande rue qui mène au cimetière construit sur une colline où domine le damier noir et blanc.
De Port Louis je n’ai vu que la plage appelée Anse des Souffleurs. Elle est toujours aussi belle que les autres plages, la baignade y est surveillée et un grand espace presque dépourvus de rochers est délimité pour les baigneurs. Là, la lumière du soleil s’allie à la grande clarté de l’eau pour donner cette teinte turquoise tropicale qui fait rêver les touristes.
Comme la veille, on déjeune sur le pouce dans la zone très sèche entre la plage et la route, espace seulement occupé par des gargotes de restaurateurs et sur cette plage par quelques cabanes pour des douches, des toilettes et des kayaks de mer.
Pendant que ma famille saute dans l’eau, je choisis plutôt la ballade au cimetière au bord de l’eau. Classique pour la Gwada ( et j’en parlerai dans un futur article).La porte est fermée, je contourne et escalade un muret effondré. J’aurai fait quelques pas, j’aurai vu que le mur était complètement percé mais bon, ça fait une sentiment d’aventure à pas cher…
Ensuite, pendant que je me cuisais les pied sur le béton brûlant, un mec avec une petite bedaine tente de savoir si je suis mariée. Apparemment, l’évocation du mot « parents » ne lui convient pas et il me laisse tranquille. Je repense à l’ancien guide (1994) qui parle d’une des plus belles plages de l’île malgré des installations touristiques en construction. Et en effet elle est belle cette plage avec sa vue sur Basse Terre la mal nommée mais les infrastructures limitent un peu tout tentative de beauté sauvage. Le chemin en béton n’était sans doute pas indispensable. Et en plus il brûle les pieds.
To be continued…
La mangrove, qui va cloturer ma journée ( que je finirai de raconter bientôt)
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