Jeudi 22 novembre 2007
Ici, j’avais raconté mon arrivée à St Jean Pied de Port.
, j’avais parlé de mon premier jour de marche entre St Jean et Roncevaux.
Aujourd’hui, toujours en direction de St Jacques, loin, bien loin vers l’ouest, je vous parle de mon deuxième jour de marche entre Roncevaux et Zubiri, une petite balade de 22km.
 
Le matin, mes amis d’hier s’en vont déjà. Certains rentrent chez eux, d’autres filent et marcheront 45 km aujourd’hui. Dans la grande église reconvertie en dortoir, je me prépare donc en leur disant au revoir. Je sors pour grignoter le reste du pain que j’avais acheté deux jours avant à St Jean. Je garde des fruits pour la route en réserve. Sac, chaussures bien serrées, cape de pluie ( un orage nous guette), et je pars, direction sud-sud est. Il fait presque jour mais le ciel est gris.

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Nous longeons une petite route sans la voir, cachés dans un petit bois juste derrière. Il pleut un peu, ça s’arrête. Quelques coups de tonnerre se font entendre, rien de méchant.
Au premier village, 8 km plus loin, je rentre dans un café qui déborde de pèlerins qui ont dormi comme moi à Roncevaux cette nuit. Ca sent le thé, le caffe con leche et les viennoiseries. Merveille de l’Espagne : je retrouve leur pain au chocolat qui n’ont rien mais alors rien à voir avec ceux que l’ont peut avoir en France.
Après cette petite pause gourmande et chaude, je repars sur les routes encore mouillées mais il ne pleut plus.
Je marche 22 km en tout. Je suis un itinéraire magnifique dans la Navarre pyrénéenne entre montées et descentes, souvent dans la forêt, parfois à travers champs, en tout cas longtemps dans la boue. A la pluie succèdent deux ou trois heures de large soleil qui sèchent les capes de pluie mais pas les sentiers de terre, avant que le tonnerre ne gronde à nouveau. Malgré cela, l’ensemble est magnifique, vert, bosselé, clair, accueillant.

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Les villages sont loin des hameaux de la Meseta que nous rencontrerons plus loin. Ils sont plus prospères, les maisons y sont plus vastes, plus belles avec leur large façade blanche veinée de bois.
Marcher libère l’esprit. Sans bruits, sans mouvements autres que celui des animaux et des plantes sous le vent, sans couleurs criardes, sans conversations inutiles, avec le sentiment de découvrir pour la première fois des territoires inconnus, le pèlerinage dans ces espaces chargés de sérénité apaise. L’esprit se fixe, se pose ou s’envole mais en tout cas se transforme.
Rien de tout ça n’a été possible ce jour là. A 50m devant ou derrière pendant presque toute la mâtinée, je voyais le rebondissement réguliers des sacs fluos, les murmures allemands, les beuglements espagnols. J’aime les gens, mais pas quand je veux marcher tranquillement. Qu’est-ce qu’il faut faire pour pouvoir enfin être seule ?
 
C’est arrivé à l’auberge que je suis contente de trouver des personnes à qui parler. Avec deux pèlerines, nous déjeunons de 16h à 17h30 dans un bar de Zubiri et vidons une bouteille de vin rouge. Après, l’une d’entre elle se transforme en infirmière pour ma très belle ampoule sur le côté du pied.

Il est 18h, et il ne nous reste plus qu’à discuter entre nous, avec les nouveaux arrivés, dans la fraîcheur du soir, devant l’auberge. A 21h, je dors.

Par Mimine - Publié dans : Carnets de voyages
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